CHEMIN DE CROIX
PRÉSIDÉ PAR LE PAPE JEAN-PAUL II
VENDREDI SAINT DE L’AN 2000 - ANNÉE SAINTE
MÉDITATIONS ET PRIÈRES
DU PAPE JEAN-PAUL II
PREMIÈRE STATION
Jésus
est condamné à mort
. Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.
-. Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.
«Es-tu le roi des Juifs ?» (Jn 18, 33).
«Ma royauté ne vient pas de ce monde; si ma royauté venait de ce monde,
j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux
Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici» (Jn 18, 36).
Pilate ajouta :
«Alors, tu es roi ?»
Jésus répondit :
«C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde
pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la
vérité écoute ma voix».
Pilate répliqua :
«Qu'est-ce que la vérité ?».
À ce point, le Procureur romain considéra l'interrogatoire comme terminé. Il
alla chez les Juifs et leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de
condamnation» (cf. Jn 18, 37- 38).
Le drame de Pilate se cache dans la question : Qu'est-ce que la vérité ?
Ce n'était pas une question philosophique sur la nature de la vérité, mais
une question existentielle sur son rapport à la vérité. C'était une
tentative de se dérober à la voix de sa conscience qui lui ordonnait de
reconnaître la vérité et de la suivre. L'homme qui ne se laisse pas conduire
par la vérité se dispose même à émettre une sentence de condamnation à
l'égard d'un innocent.
Les accusateurs devinent cette faiblesse de Pilate et c'est pourquoi ils
ne cèdent pas. Avec détermination ils réclament la mort en croix. Les
demi-mesures auxquelles Pilate a recours ne l'aident pas. La peine cruelle
de la flagellation infligée à l'Accusé n'est pas suffisante. Quand le
Procureur présente à la foule Jésus flagellé et couronné d'épines, il semble
chercher une parole qui, à son avis, devrait faire céder l'intransigeance de
la foule. Montrant Jésus, il dit : «Ecce homo ! Voici l'homme !»
Mais la réponse est : «Crucifie-le, crucifie-le !»
Pilate cherche alors à discuter : «Reprenez-le, et crucifiez-le vous-mêmes;
moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation» (cf. Jn 19,
5-6).
Il est toujours plus convaincu que l'Accusé est innocent, mais cela ne lui
suffit pas pour émettre une sentence d'acquittement.
Les accusateurs recourent à l'ultime argument : «Si tu le relâches, tu n'es
pas ami de l'empereur. Quiconque se fait roi s'oppose à l'empereur» (Jn
19, 12).
La menace est claire. Devinant le danger, Pilate cède définitivement et émet
la sentence. Mais non sans faire le geste lâche de se laver les mains : «Je
ne suis pas responsable du sang de cet homme; cela vous regarde !» (Mt
27, 24).
C'est de cette façon que Jésus a été condamné à la mort sur une croix, Lui
le Fils du Dieu vivant, le Rédempteur du monde.
Tout au long des siècles, la négation de la vérité a engendré souffrance et
mort.
Ce sont les innocents qui paient le prix de l'hypocrisie humaine.
Les demi-mesures ne sont pas suffisantes. Il ne suffit pas non plus de se
laver les mains.
La responsabilité pour le sang du juste demeure.
C'est pour cela que le Christ a prié avec tant de ferveur pour ses disciples
de tous les temps : Père, «consacre-les par la vérité: ta parole est vérité»
(Jn 17, 17).
PRIÈRE
Ô Christ, toi qui as accepté une condamnation
injuste,
accorde-nous, ainsi qu’à tous les hommes de notre temps,
la grâce d'être fidèles à la vérité;
ne permets pas que le poids de la responsabilité
pour la souffrance des innocents
retombe sur nous
et sur ceux qui viendront après nous.
À toi, Jésus, juste Juge,
l’honneur et la gloire pour les siècles sans fin.
-. Amen.
Tous:
Pater noster, qui es in cælis:
sanctificetur nomen tuum;
adveniat regnum tuum;
fiat voluntas tua, sicut in cælo, et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hodie;
et dimitte nobis debita nostra,
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris;
et ne nos inducas in tentationem;
sed libera nos a malo.
Stabat mater dolorosa - Debout, la Mère douloureuse
iuxta crucem lacrimosa, - près de la Croix était en larmes
dum pendebat Filius. - devant son Fils suspendu.