Chers Amis,
Au début d'une nouvelle année, nous avons l'habitude de nous souhaiter ce qu'il y a de meilleur. Pour ma part, je souhaite que nous ayons la Foi.
Je rejoins ainsi la prière des Apôtres disant au Seigneur : Augmente en nous la foi. Jésus leur avait répondu : Si vraiment vous aviez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous diriez à ce sycomore : «Déracine-toi et va te planter dans la mer, et il vous obéirait».
Jésus déplorait souvent le manque de foi de ses Apôtres. Par exemple, lorsque ces derniers, se trouvant avec lui dans la barque fortement secouée par la tempête, le réveillent en disant : Seigneur, au secours ! Nous périssons. Il leur répond : Pourquoi avez-vous peur; hommes de peu de foi ?
Lorsque ces mêmes apôtres ne parviennent pas à guérir un malade lunatique et lui demandent : Pourquoi n'avons-nous pu chasser son démon ? Jésus leur dit : A cause de la pauvreté de votre foi. Car en vérité, je vous le déclare, si un jour vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : « Passe d'ici là-bas » et elle y passera. Rien ne vous sera impossible. Et puis ce genre de démon ne peut s'en aller, sinon par la prière et le jeûne.
La foi qui déracine les arbres et transporte les montagnes... Ce sont évidemment des images pittoresques et percutantes pour nous faire prendre conscience du pouvoir de la foi dans nos vies. Cependant il ne faut pas confondre foi et magie.
La magie prétend s'assurer la maîtrise des forces occultes, immanentes dans la nature ou surnaturelles, pour servir les fins que l'on se propose et obtenir les résultats escomptés.
La foi, au contraire, c'est la confiance en Dieu. La foi, mot qui trouve son origine dans le latin fidere qui signifie avoir confiance, c'est la réponse de l'homme à Dieu. C'est la confiance absolue en tout ce que Dieu dit et demande. C'est faire la volonté de Dieu et pas sa volonté à soi-même.
La foi n'est pas seulement une certaine connaissance de Dieu, elle est l'adhésion confiante et aimante à Dieu qui est bon, fidèle, et se révèle en son Fils Jésus comme un Père qui nous aime infiniment.
C'est la foi qui fait dire ces paroles au prophète Isaïe : La femme oublie-t-elle son nourrisson, oublie-t-elle de montrer sa tendresse à l'enfant de sa chair ? Même si celles-là oubliaient, moi, je ne t'oublierai pas ! dit Dieu. Cette confiance absolue en Dieu, révélé par son Fils Jésus, est à l'origine de la vraie conversion qui est comme une mort à soi-même afin de pouvoir dire : Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. Cette foi permet de supporter toute chose pour le Christ si nous l'aimons vraiment.
L'Amour, en effet, prend patience, l'amour rend service, il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il n'entretient pas de rancune, il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout. L'Amour ne disparaîtra jamais. (Première Epître aux Corinthiens 13,4-8)
L'on comprend que la foi soit comparée à un bulldozer !
Cette foi est, malheureusement, souvent défaillante en chacun de nous, dans ce monde frappé par la crise, dont les racines sont, avant tout, culturelles et anthropologiques ; ce monde qui marche dans la nuit sans même savoir où ses pas le conduisent !
C'est la raison pour laquelle notre Saint-Père, le Pape Benoît XVI, souhaite que l'année 2012 soit l'année de la foi et que le lieu d'enracinement de cette foi soit prioritairement la famille. C'est, en effet, dans la famille que les jeunes doivent découvrir les valeurs positives de la vie mais surtout la personne de Jésus Christ, ressuscité, vainqueur de la mort qui leur dit : N'ayez pas peur! Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin des temps. Alors venez à ma suite pour construire une société plus humaine, plus solidaire, plus belle, une société de Justice et de Paix !
En ces premiers jours de l'année 2012, disons au Seigneur avec confiance : Augmente en nous la foi !
Bonne et Sainte Année à tous, particulièrement aux personnes malades, isolées, qui se croient oubliées de Dieu et parfois désespèrent... Le Seigneur est avec elles, dans la même barque qu'elles, et avec le Seigneur nous sommes sûrs de ne jamais sombrer et de parvenir à bon port avec Lui, sur l'autre rive...
Bonne Année à tous ! Et que Dieu tout puissant vous bénisse !
+ Michel Méranville, Archevêque
(tiré de la revue diocésaine l’Eglise en Martinique n°435)